Il y a des livres dont
il faut seulement goûter,
d'autres qu'il faut dévorer,
d'autres enfin,
mais en petit nombre,
qu'il faut, pour ainsi dire,
mâcher et digérer.

Francis Bacon,
Essais de morale et
de politique, 1597.



http://www.wikio.fr
chèvre

Roseau

ou Le Parti d'en livre

Journal d'Eric Blair - 22 août 1938



Température douce toute la journée, avec des averses. Les nuits se font plus froides & font déjà penser à l’automne. Quelques chênes commencent à jaunir légèrement. Après la pluie, d’énormes limaces sont sorties ; une longue d’environ 3 pouces. De grands orifices, probablement des oreilles, un peu en arrière de la tête. Elles étaient de deux couleurs différentes, certaines légèrement fauves & les autres blanches, mais elles avaient dans tous les cas un anneau orange vif autour du ventre, ce qui donne à penser qu’elles sont de la même espèce, la couleur variant simplement de l’une à l’autre. Elles avaient à l’extrémité de leur queue des gouttes gélatineuses semblables aux cocons des œufs d’escargot d’eau douce. Un gros coléoptère, d’environ la taille d’un lucane femelle, mais différent, a extrait de son arrière-train un tube jaune à peu près aussi long que lui. Peut-être une sorte de tube par lequel les œufs sont pondus ?

[Coupure de presse]

Gin aux prunelles.

Cette recette trouve son origine profondément enracinée dans le savoir-faire traditionnel des gitans de New Forest. Une amie de Madame Muriel l’a notée en termes typiquement gitans. Sa famille vivait proche de gens de Roumanie, & une bouteille de cette liqueur était toujours offerte à l’occasion de Noël à sa mère. Les gitans n’espéraient aucun paiement, & en plus, ils chantaient de vieilles chansons qu’ils appelaient des cantiques, lesquelles pourtant semblaient dénuées de tout sens chrétien.

« Cueillez vos prunelles une fois joliment mûries à l’air sec & gorgées de soleil. Percez chacune d’elles avec une aiguille en trois points. Prenez une demi-bouteille d’un gin sec & y incorporer une poignée de sucre candi, ferme & relevé, une bouchée d’amande amère pilée ou de noyaux pilés d’abricots mûrs. Remplissez la bouteille de prunelles & appuyez dessus.

Si vous n’êtes pas sur les routes, les encaver sous la tente où vous dormez, car ces traînées (prunelles) n’aiment pas le froid. Laissez-les mariner jusqu’à ce que Noël arrive, alors extraire les fruits, laissez mariner jusqu’à ce que vous en éprouviez l’impérieuse envie. »

proposé par Arthur Morneplaine (lire le m@nuscrit).



Roseau, mis à jour le 04-04-2009

réagir ?

édité par Christian Domec Licence Creative Commons édité par Christian Domec
*