Le temps de lire,
comme le temps d'aimer,
dilate le temps de vivre.

Daniel Pennac,
Comme un roman, 1992.



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chèvre

Roseau

ou Le Parti d'en livre

Journal d'Eric Blair - 22 août 1938



Température douce toute la journée, avec des averses. Les nuits se font plus froides & font déjà penser à l’automne. Quelques chênes commencent à jaunir légèrement. Après la pluie, d’énormes limaces sont sorties ; une longue d’environ 3 pouces. De grands orifices, probablement des oreilles, un peu en arrière de la tête. Elles étaient de deux couleurs différentes, certaines légèrement fauves & les autres blanches, mais elles avaient dans tous les cas un anneau orange vif autour du ventre, ce qui donne à penser qu’elles sont de la même espèce, la couleur variant simplement de l’une à l’autre. Elles avaient à l’extrémité de leur queue des gouttes gélatineuses semblables aux cocons des œufs d’escargot d’eau douce. Un gros coléoptère, d’environ la taille d’un lucane femelle, mais différent, a extrait de son arrière-train un tube jaune à peu près aussi long que lui. Peut-être une sorte de tube par lequel les œufs sont pondus ?

[Coupure de presse]

Gin aux prunelles.

Cette recette trouve son origine profondément enracinée dans le savoir-faire traditionnel des gitans de New Forest. Une amie de Madame Muriel l’a notée en termes typiquement gitans. Sa famille vivait proche de gens de Roumanie, & une bouteille de cette liqueur était toujours offerte à l’occasion de Noël à sa mère. Les gitans n’espéraient aucun paiement, & en plus, ils chantaient de vieilles chansons qu’ils appelaient des cantiques, lesquelles pourtant semblaient dénuées de tout sens chrétien.

« Cueillez vos prunelles une fois joliment mûries à l’air sec & gorgées de soleil. Percez chacune d’elles avec une aiguille en trois points. Prenez une demi-bouteille d’un gin sec & y incorporer une poignée de sucre candi, ferme & relevé, une bouchée d’amande amère pilée ou de noyaux pilés d’abricots mûrs. Remplissez la bouteille de prunelles & appuyez dessus.

Si vous n’êtes pas sur les routes, les encaver sous la tente où vous dormez, car ces traînées (prunelles) n’aiment pas le froid. Laissez-les mariner jusqu’à ce que Noël arrive, alors extraire les fruits, laissez mariner jusqu’à ce que vous en éprouviez l’impérieuse envie. »

proposé par Arthur Morneplaine (lire le m@nuscrit).



Roseau, mis à jour le 04-04-2009

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édité par Christian Domec Licence Creative Commons édité par Christian Domec
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